OL-Besiktas : 12 interpellations et 7 blessés après les incidents

Posté le 14-04-2017, Source : rmcsport.bfmtv.com

Le bilan des incidents intervenus dans le Parc OL en marge du quart de finale aller de Ligue Europa entre Lyon et Besiktas (2-1) est connu. Les autorités font état de sept personnes blessées, douze interpellations et cinquante exfiltrations de supporters au cours de la soirée jeudi.

« Tout s’est joué à trois minutes … » C’est ainsi qu’une source préfectorale résume à RMC Sport l’énorme moment de tension vécu par les autorités au PC de sécurité du Parc OL. « Il fallait faire l’intervention avant 21h30, sinon l’UEFA reportait le match. Elle a eu lieu à 21h27 », indique également cette source.

Cette opération délicate a consisté en l’exfiltration de cinquante supporters turcs installés dans la volée haute du Parc OL, c’est-à-dire au troisième niveau, juste au-dessus des supporters lyonnais installés côté sud. Cette opération, classée parmi les plus délicates à réaliser pour les forces de l’ordre, s’est tenue à la « demande des organisateurs (OL et UEFA) qui sont responsables dans le stade et ce dès les rampes d’accès », précise la Préfecture du Rhône, qui ne fera pas de commentaires officiels dans la journée.

Deux blessés légers parmi les supporters

Parmi ces fans, douze d’entre eux, « photographiés et identifiés en train de jeter des objets sur la partie basse du stade » par la vidéo-surveillance au moment de jets de projectiles, ont été interpelés. Trois d'entre elles ont été relâchées ce vendredi matin. Les neuf autres personnes sont en garde à vue depuis jeudi soir. Des gardes à vues qui peuvent durer 24 heures dans un premier temps avec possibilité d'une prolongation de 24 heures. Le procureur adjoint ne peut, à ce stade de l'enquête, indiquer d'où viennent ces interpellations et quelle est la répartition des personnes concernées entre Français, Turcs et Franco-Turcs. Les chefs possibles de mise en examen sont les suivants : jets de projectiles, dégradations en réunion, jets d'artifice et tentatives de vol.

« On exploite actuellement les rapports de police et les vidéos pour apporter la preuve (ou pas) de la culpabilité des personnes poursuivies. Après cela, le parquet poursuivra si besoin », explique Bernard Raynaud, procureur-adjoint de Lyon. A ce stade de l'enquête, aucune comparution immédiate n'est envisagée, ni programmée.

« Douze interpellations en provenance des deux camps ont eu lieu. Trois policiers de la Bac et deux gendarmes mobiles ont été légèrement blessés », a également précisé un responsable de la Sécurité publique à l’AFP. Au total, cette partie d’incidents au Parc OL a fait deux blessés légers parmi les supporters, victime de brûlures, qui ont été transportés à l’hôpital.

>> OL-Besiktas: pourquoi ces débordements étaient prévisibles

Le Secrétaire d’Etat aux Sports, Thierry Braillard, était présent au PC Sécurité aux côtés du Préfet et de toutes les autorités : « Je peux vous dire que l’intervention des soixante gendarmes, précédés par des stadiers, a été efficacement faite au milieu d’un contingent de 3000 turcs. » A noter qu’aucun incident n’a été répertorié par la Préfecture avant le match en ville, tout au long de la journée où l’ambiance, de sources policières, étaient « bon enfant ». Aucun incident non plus après le match où tout est entré en ordre.

La responsabilité de Besiktas engagée ?

Qui étaient ces 50 supporters turcs au cœur des troubles jeudi ? De sources concordantes, il s’agit de fans extrêmes du club. Un policer évoque de « véritables hooligans » qui au départ n’auraient pas dû être positionnés dans cette partie de la tribune mais à côté, au milieu des Ultras, installés dans le secteur visiteurs (2800 places) protégés par des filets pour empêcher les jets sur les tribunes situées en contrebas. Comment se sont-ils retrouvés là ? C’est la question centrale de la responsabilité des événements indique à RMC Sport une source judiciaire. Ces cinquante personnes « extrêmes » n’auraient jamais dû se trouver dans cette partie du stade. Comment se sont-elles procurées des billets alors que ces supporters étaient sous la responsabilité du club turc ?

Si la responsabilité du club de Besiktas, sur cette présence qui a conduit au mouvement de foule et de panique, est retenue par l’UEFA, qui devrait rapidement faire son rapport, le club stambouliote pourrait se voir signifier un huis-clos pour le match retour. « C’est une possibilité », assure une source bien informée sur le dossier alors que l’UEFA va aussi poser des questions sur la billetterie et son fonctionnement dès le tirage au sort qui a conduit à un Parc OL, rempli au plus d’un tiers par des fans turcs.

 

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